120ème ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DE L'EGLISE CATHOLIQUE AU CAMEROUN

Excellence Monseigneur Piero PIOPPO, Nonce Apostolique au Cameroun et en Guinée-Équatoriale,
Excellence Monseigneur Joseph ATANGA, Archevêque de Bertoua et Président de la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun,
Excellence Monseigneur Jean-Bosco NTEP, Évêque d'Édéa,
Excellences Nosseigneurs Archevêques et Évêques du Cameroun,
Chers confrères dans le sacerdoce,
Chers Religieux et Religieuses,
Peuple de Dieu,
Loué soit Jésus-Christ !

1890-2010, il y a 120 (cent vingt) ans que les Pallottins, mes confrères ont implanté L'Église Catholique au Cameroun.
Rendons grâce au Seigneur pour ces 120 (cent vingt) ans, pour ce temps écoulé et empreint d'une riche histoire dans l'Église Catholique au Cameroun.
Rendons grâce au Seigneur pour le travail et l'engagement apostoliques des Pères et Frères Pallottins, qui sont les premiers missionnaires catholiques de ce pays.
Permettez-moi un bref rappel historique en ce jour d'action de grâces.

Le 1er octobre 1890 à bord du bateau Métropolis, le P. Gerhard Henri Vieter voyage avec sept autres confrères pour le Cameroun. Il s'agit de P. Georg Walter, Frère Josef Klosterknech, Fr. Josef Hofer, Fr. Georg Mohr, Fr. Hermann Franz, Fr. Robert Ulrich et Fr. Josef Hirl. Après une escale au Libéria, ils accostent le 25 octobre dans l'après-midi (vers 4 heures) à Douala. Le dimanche 26 octobre, ils célèbrent la première messe dans la factorerie de l'entreprise Woermann à la plage de Bell.
Les difficultés du début ne tardent pas à arriver. Pour ces missionnaires européens, le climat s'annonce très hostile et même meurtrier. Le paludisme et la fièvre noire font rage. À Marienberg, tous sont malades. La maladie et la mort vont presque ensemble. La mort est un soulagement, une solution. À qui donc le tour de mourir ? C'est la seule et vraie question. Le doute s'installe. La seule motivation humaine ne suffit plus.
Le 8 décembre 1890 ici même à Marienberg, le Père Vieter place le Cameroun et le travail des missionnaires sous la protection maternelle de Marie, Reine des Apôtres. Il confie aussi l'avenir du pays à Marie, mère de la foi. Vieter écrit lui-même plus tard dans ses Souvenirs, je cite :
" À la fête de l'Immaculée Conception en 1890 je me résolus à tenir un petit discours à mes confrères et je le fis pendant la messe. Je leur dis dans mon exposé que je plaçais le Cameroun sous la protection de Marie, Reine des Apôtres et Patronne du Cameroun. " Fin de citation.
Cette prédication est un appel au courage, malgré les difficultés qui s'annoncent. La Vierge Marie devrait aider ces missionnaires, véritables témoins de la foi dans un univers qui leur est étrange, afin que l'œuvre commencée ne soit pas abandonnée. Dans son homélie du 8 décembre 1890 ici à Marienberg, le Père Vieter prononce exactement cette formule de consécration :
" Je consacre le Cameroun à la Mère de Dieu. Elle, la Reine des Apôtres, la Patronne du Cameroun, nous protégera et nous montrera le juste chemin. Jadis, nous avons entendu parler de la souffrance des missionnaires et considéré leur vie de sacrifice comme quelque chose de merveilleux. Maintenant le temps est venu pour nous-mêmes de vivre cela. Nous réussirons si chacun veille fermement à son poste. "
Malgré cette consécration, la situation reste inquiétante. Fr. Josef Hofer, agriculteur, meurt en 1891. C'est la première victime. Fr. Hermann Franz, serrurier, rentre en Allemagne et Fr. Josef Klosterknech, décède le 2 décembre la même année, c'est la seconde victime. Fr. Georg Mohr, couturier, rentre aussi en Allemagne quelques mois plus tard. En 1892, 3 sont rentrés, 2 sont morts et 3 sont encore là : P. Vieter, P. Walter et Fr. Ulrich. Mais le sang des martyrs reste une semence divine.

Fort du soutien maternel et inconditionnel de la Reine des Apôtres, le Père Vieter s'engage avec ses confrères à l'évangélisation qui est en même temps l'humanisation et le renouvellement de l'homme et à la dignité des indigènes comme créatures de Dieu. Ainsi, il condamne fermement la vente des femmes par leurs familles et les protège des abus sexuels des soldats ainsi que des agents coloniaux.
La célébration de cet heureux événement en ce jour sur ce lieu symbolique, est un vibrant appel pour nous tous à garder toujours allumée la flamme de l'œuvre missionnaire des pionniers de l'Église catholique dans notre pays.
Monsieur le Représentant Personnel du Chef de l'État,
Éminence,
Excellences Nosseigneurs Archevêques et Évêques du Cameroun,
Chers confrères dans le sacerdoce,
Chers Religieux et Religieuses,
Peuple de Dieu,
Permettez-moi de terminer ce mot par cette prière que nous récitons pour la cause de la béatification de Monseigneur Henri Vieter :
Seigneur notre Dieu, Père éternel et plein de bonté, tu as envoyé le missionnaire Henri Vieter et ses compagnons proclamer aux peuples du Cameroun la Bonne Nouvelle de ton Amour. Écoute la prière de ton Église et des communautés qui font mémoire de l'Apôtre du Cameroun. Accorde-nous, par l'intercession de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, d'approfondir et de garder vivante la foi dont-il a témoignée auprès de nos ancêtres, pour une vie en plénitude en toi.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur, dans l'unité du Saint-Esprit. Amen.