La Communauté du Grand Batanga

LA COMMUNAUTE DE GRAND-BATANGA

La communauté de Grand -Batanga est composée de trois membres : P. Florent Emmanuel KANGA, sac, Recteur de la communauté et curé de la paroisse Saint Pierre- Claver ; P. François Désiré NOAH, sac, Econome et Vicaire ; Frère NGAM à NWATSOK Jean Marc, sac, Vicaire.
Cette communauté est en place depuis le 14 août 2009. La vie quotidienne se déroule entre les paroisses (Pierre-Claver de Grand-Batanga et Sainte Anne d'Ebodje) et la maison Camaldoli. La messe est célébrée chaque jour à 7 heures, la prière du milieu du jour à 12 h 30mn et vêpres à 19 heures. L'Eucharistie dominicale paroissiale est célébrée à 8 h à Grand- Batanga, à 10 heures au Poste Central de Lolabé et à 13 heures à la paroisse Sainte-Anne d'Ebodje.
Sur le plan pastoral, nous soulignons d'emblée que l'engagement des fidèles n'est pas au rendez-vous, ils sont peu nombreux qui reçoivent le sacrement de la réconciliation mais beaucoup prennent le corps de Christ, y compris tous ceux qui sont en situation irrégulière (qui sont légions). Le payement du dernier du culte n'est pas parmi les préoccupations de la plupart d'entre eux, de même la participation aux eucharisties dominicales, surtout pour les jeunes ; n'évoquons même pas la question de l'inscription des messes sui est (comme dans la plupart des paroisses rurales) une vraie inconnue pour nos fidèles.
La récente visite de nos différents secteurs (communautés chrétiennes de base) nous a d'ailleurs permis de découvrir une communauté chrétienne menant une vie chrétienne au ralenti ; pas de prière quotidienne ni hebdomadaire, pas de rencontre de concertation par rapport aux problèmes de la communauté, etc.
Nous avons pris sur nous de visiter régulièrement ces communautés en vue de les aider à s'engager un peu plus (prière, fréquentation des sacrements, satisfaction de leurs différents devoirs envers l'Eglise…), mais à ce jour, la mayonnaise tarde encore à prendre.
En dehors de ce problème d'engagement chrétien, nous pouvons aussi évoquer une autre question pastorale qui nous aura un peu secoué : celle des jeunes filles persécutées par les forces de la nuit… problème qui aura presque signé notre divorce avec la plupart des chrétiens de la paroisse. Avec la grâce de Dieu mais aussi avec le soutien de l'Ordinaire du lieu, de tout le presbyterium de notre zone pastorale (Océan-sud), de la communauté et de multiples autres soutiens, nous sommes en train de reprendre pied.
La communauté de Camaldoli éprouve cependant (à l'image de la paroisse), de nombreuses difficultés financières auxquelles la communauté essaie de trouver des solutions. Tout d'abord, l'entretien de véhicule, la réfection de la maison et le renouvellement de son équipement ménager. En effet, le vent marin salé n'a pas été tendre jusque-là avec le centre d'accueil. Aussi, la peinture, le plafond, les différentes grilles et même l'ameublement en ont pris un sérieux coup. Aujourd'hui, beaucoup d'éléments sont à renouveler si la communauté veut encore continuer pendant longtemps à utiliser la maison : plomberie, toiture et plafond.
De plus, la maison ne fait plus recette, ceci surtout à cause du fait que les membres de la communauté, nouvellement arrivés n'ont pas encore réussi à se faire connaître pour asseoir une clientèle fixe, mais aussi à causse de l'état de la route qui relie le village à Kribi ; peut être aussi à cause de la vétusté et d'un certain manque de confort dans la maison. Donc, malgré le sourire gratuit et abondant des confrères, la maison demeure vide, les poches de la communauté aussi. De fait, les membres de la communauté ne savent plus ce qu'on appelle 'roulement' et autre 'pécule' depuis le début de la mission en août dernier. Par ailleurs, des messes, nous n'en recevons guère du diocèse, ceci étant réservé aux seuls abbés. Seul îlot de bonheur au cœur de ce tableau financier sombre, le loyer de notre terrain par Orange Cameroun, qui nous sert pour la nutrition, pour l'entretien du véhicule et le salaire de notre cuisinière et femme de ménage.
La communauté a eu quelques frayeurs récemment en rapport avec la construction du port en eaux profondes de Kribi ou plus précisément celle de la construction (en marge) d'un port de plaisance à Grand-Batanga par le gouvernement. Le Délégué Départemental aux domaines à d'ailleurs invité tous les propriétaires d'un titre foncier le long du tracé à déposer une copie dans ses services ; nous nous sommes exécutés. Il était donc question de déguerpir toutes les populations du site, notre maison et la paroisse se trouvaient dans l'œil du cyclone. Seulement, lorsque le préfet de l'Océan se présente en mission de sensibilisation, il se heurte à une population unie, farouche et sur le pied de guerre, prête à tout pour garder son site d'habitation " jusqu'au sang " s'il le fallait disaient-ils au préfet. Ce dernier à dû repartir vers Kribi conscient que la tâche risque d'être difficile pour la réalisation de ce projet. A ce jour, aucune nouvelle information ne nous est parvenue. La rumeur affirme cependant que le projet aurait été suspendu.
A ce jour donc, la question est de savoir s'il est judicieux d'entreprendre un nouveau projet sur notre propriété foncière sans avoir une idée précise sur l'évolution de la situation sus-évoquée. Cependant, avec la grâce de Dieu nous espérons voir une issue rapide et heureuse à cette situation.

P. Florent Emmanuel KANGA, sac
Recteur